Publié le 22 Avril 2007

Ces drôles de grandes tiges vertes titillaient ma curiosité depuis longtemps. J'avais pris l'habitude de passer devant le rayon légumes en leur jetant un oeil circonspect, mais sans jamais vraiment m'arrêter. Cette fois, j'ai franchi le pas. Je les ai embarquées dans mon panier et rapatriées chez moi, sous le regard suspicieux des passants se demandant pourquoi j'avais une plante verte dans mon cabas de nourriture !

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Arrivée chez moi, je consulte mon encyclopédie de la cuisine italienne, La Cuillère d'Argent. J'y apprends que les cime di rapa sont en fait des pousses de navet. Elles portent parfois le nom de broccoletti et quand on voit le petit bouquet caché dans les feuilles, on comprend pourquoi.

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Apparemment, c'est un légume qui se cuisine beaucoup dans les Pouilles, et ça tombe bien puisque les produits que je vous ai présentés il y a peu viennent aussi des Pouilles. Dans La Cuillère d'Argent, on les cuisine simplement avec de l'huile, de l'ail, du citron, du parmesan ou du piment. Ca me fait beaucoup penser aux légumes thaïlandais que je mange régulièrement et que j'adore : les liserons d'eau. Il faudra que je vous les présente bientôt !

J'avais envie des les accomoder avec des pâtes. Habituellement, le cime di rapa accompagnent une spécialité des Pouilles, les orecchiette. Mais j'avais sous la main d'autres pâtes apuliennes (oui oui, c'est comme ça qu'on dit !), des straccetti.

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Formées sur des moules en bronze, ces pâtes sont rugueuses et absorbent mieux la sauce. C'est ce que dit l'étiquette, mais c'est aussi ce que l'on remarque très facilement en utilisant des pâtes grano duro type "De Cecco" ou "Voiello", à mon goût bien meilleures que les autres pâtes industrielles, et parfaites pour être cuites par absorption.

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Pour préparer les cime di rapa, il faut commencer par bien les laver. Enlever les tiges les plus grosses et garder les plus fines découpées en petits tronçons, les feuilles et les bouquets centraux. Je les ai faits cuire une dizaine de minutes dans de l'eau bouillante salée. Bien les égoutter puis les faire revenir dans de l'huile d'olive avec plusieurs gousses d'ail écrasées, un peu de piment et des tomates séchées découpées. J'ai ajouté de l'huile d'olive aromatisée au citron, mais des zestes de citrons blanchis ou quelques cuillerées de jus de citron devraient faire l'affaire. Assaisonnez selon vos goûts.

Cuire les pâtes bien al dente, puis mélanger avec les légumes. On peut y ajouter quelques copeaux de parmesan, et encore un peu de citron.

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Et voilà un plat de pâtes et de verdure, parfait pour marquer la transition entre l'hiver et le printemps !


Bon Appétit !




Autre recette de pâtes dans la Cuisine des Frangines :

- Pâtes "à la Sergio" tomates olivettes et basilic
- Mammamia ! Les penne alla siciliana qui te font parler italien subito presto !





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Rédigé par San des frangines

Publié dans #De saison, #Miams salés

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Publié le 18 Avril 2007

L'idée est là depuis plusieurs mois, elle n'attendait que le retour des beaux jours pour sortir son nez et se présenter. Quelques rendez-vous ont déjà été promis au détour d'un commentaire, il est temps de concrétiser !

Les blogs culinaires sont devenus une grande communauté. Des pseudos que l'on croise régulièrement sur la toile, que l'on croit commencer à connaître à force de confessions virtuelles et (pas toujours) culinaires livrées à notre lecture avide. Certains sont si proches qu'on se croise peut-être sans se reconnaitre ? Alors pourquoi ne pas tenter une rencontre en vrai ?


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La proposition (très honnête, promis !) : Une rencontre de bloggeurs culinaires de Suisse romande et des environs.
Les lecteurs gourmands seront évidemment également les bienvenus !

La date : entre la mi-mai et la fin juin, le plus simple serait certainement un samedi ou un dimanche. La date retenue sera celle qui conviendra au plus grand nombre.

Le lieu : je propose un grand parc à Genève avec vue sur le lac. Mais d'autres propositions seront les bienvenues (il faut que ce soit accessible en transport public et à distance raisonnable pour chacun des participants).

Le ravitaillement (pas le point le moins important !) : un grand pique-nique canadien où chacun amènerait quelques spécialités.


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Joli endroit pour un pique-nique de gourmands, non ?


Ca vous tente ? Manifestez votre envie d'en être soit par un commentaire soit directement par courriel. Je ferai ensuite un mailing pour la suite de l'organisation.


J'en profite pour faire une petite liste de tous les blogs culinaires romands. Si vous n'êtes pas sur la liste, prévenez-moi ! Je suis sûre que j'en oublie plein et qu'il y en a encore d'autres à découvrir.


J'espère que vous serez nombreux à être intéressés et me réjouis de tous vous rencontrer... et de goûter à toutes ces bonnes choses !

Date retenue selon la disponibilité de la majorité des intéressés :
Dimanche 10 juin 2007.



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Rédigé par San des frangines

Publié dans #Evénements gourmands

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Publié le 15 Avril 2007

Tous les printemps dans le jardin de ma grand-mère, entre les petits plants de rhubarbe et les massifs de pivoines en attente d'été, pousse un petit coussin de feuilles vert tendre : de l'ail des ours. Appelé aussi ail des bois, ce serait la première chose que les ours mangent au sortir de leur hibernation, ceci explique le nom. Mais les humains seraient bêtes de s'en priver, car cette plante est un trésor de saveurs et de santé. Vitamine C, magnésium, fer, plein de bonnes choses pour nous requinquer après notre hibernation à nous ! Il purifie le sang, ouvre l'appétit et stimule la digestion, équilibre la flore intestinale et stimule la pousse des cheveux.

Cette année, j'en ai trouvé des champs entiers dans les sous-bois de la région et comble du luxe, dans les talus boisés au pied même de mon immeuble ! Je n'ai qu'à me pencher pour les cueillir !



Son odeur d'ail ne passe pas inaperçue, alors dans vos promenades, gardez l'oeil (et les narines) ouvert !

L'ail des ours se consomme frais, c'est là qu'il a le plus d'arômes. Cueillez les petites feuilles et les boutons, avant la floraison. Ensuite, les feuilles perdent de leur saveur.

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Attention si vous n'êtes pas familier de la plante à ne pas la confondre avec de l'arum (qui ressemble peu) ou du jeune muguet (qui ressemble énormément), qui sont très toxiques. L'odeur qui se dégage de l'ail des ours est un bon repère, et le dos des feuilles est légèrement irisé, contrairement au muguet.

Aujourd'hui, je vous présente quelques façons de l'accomoder frais, et dans quelques jours, je vous parlerai des moyens de le conserver pour en profiter toute l'année ou presque. L'ail des ours s'utilise comme une herbe aromatique. Ajoutez-en quelques feuilles dans une salade pour la relever de manière originale, ou hachez-en dans votre vinaigrette.

Le plus irrésistible, en rentrant de la cueillette, c'est de s'en faire des tartines. Bien laver les feuilles et les hacher fin, puis les répartir sur une tartine beurrée. Ma tartine préférée ? Mélanger l'ail des ours haché à du fromage de chèvre frais. Un régal !

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Et sur du pain aux figues, c'est encore plus irrésistible !

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Avec ce même fromage de chèvre frais à l'ail des ours, tartinez des tomates séchées et faites-en de délicieux petits rouleaux apéritifs. Merci Pauline pour l'idée !


Voilà de belles bouchées aux couleurs de l'Italie !

Et pourquoi ne pas profiter de ce subtil goût aillé pour relever un guacamole ? J'avoue en faire très régulièrement ces dernières semaines, c'est un régal avec une bonne bière blanche...

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Pour un guacamole de printemps, il vous faut 2 avocats bien mûrs, le jus d'un citron vert ou d'un demi citron, quelques feuilles d'ail des ours (qui remplace l'échalotte que j'y mets habituellement) et des épices.

Dans un bol, écraser la chair des deux avocats à la fourchette et arroser du jus de citron. Ajoutez l'ail des ours haché puis du poivre de cayenne ou du piment, du paprika et un peu de sel. Goûter et rectifier l'assaisonnement à votre convenance. On peut aussi ajouter des tomates très finement détaillées, mais j'ai préféré y mettre des tomates séchées.



Bon Appétit !




D'autres recettes avec de l'ail des ours dans la cuisine des frangines :
D'autres recettes à l'ail des ours chez Véro et chez Liliy.




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Rédigé par San des frangines

Publié dans #A la cueillette

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Publié le 8 Avril 2007

Depuis mon impudique confession, vous savez tout de ma passion pour l'Italie et sa gastronomie. Je vous propose aujourd'hui un voyage gustatif dans le talon de la botte. Nous aurons pour guide Pauline et André, grâce à qui j'ai découvert des saveurs et des parfums ensoleillés comme rarement j'en avais goûtés.

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L'histoire commence à l'été 2005, quand Pauline et André décidèrent de s'enfuir vers les Pouilles, profiter de la fraîcheur des trulli pour les vacances. C'est là, parmi les champs d'oliviers, qu'ils découvrirent la Masseria Palmo, une ancienne exploitation agricole biologique familiale qui propose également quelques chambres d'hôtes.
A la fin du séjour, difficile d'imaginer se passer des bons produits de l'endroit. Ils repartent alors avec quelques réserves dans le coffre de leur voiture. Mais les amis s'en mêlent et tombent sous le charme des ces produits "faits maison" et plein de soleil. Fin 2005, une première palette de produits arrive par camion pour les amis, et les amis des amis.

Aujourd'hui, la cave de Pauline et d'André à des allures de caverne d'Ali-Baba !

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La Masseria Palmo, c'est surtout une oliveraie. Les meilleures olives sont pressées sur place, pour donner une huile de premier choix de grande qualité.

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Mais aussi et c'est mon coup de coeur, des huiles d'olives aromatisées absolument superbes. Au citron, à la mandarine, à l'orange et au basilic.

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Dégustées sur un simple morceau de pain, elles laissent découvrir leurs spécificités. Utilisées en cuisine, c'est un vrai bonheur ! J'ai déjà testé celle au citron sur du poisson, celle à l'orange avec la salade petits-pois fenouil, et celle au basilic simplement sur des pâtes avec de l'ail ou sur du pain... Je pourrais finir la bouteille simplement comme ça !

Si Luigi, le fils, s'occupe du domaine, sa mère Carmela est "en cuisine" et prépare crèmes, conserves et sugi, conservés dans de jolis pots à l'ancienne. Tout est fait maison, il n'y a pas de doute là-dessus !
La part belle est faite aux produits traditionnels, et ils essaient également de retrouver des recettes anciennes, oubliées ou abandonnées car longues et délicates à préparer, impossibles à reproduire pour l'industrialisation.
Par exemple, cette purée de tomates qui est séchée au soleil, et qui donne une sorte de concentré aux arômes décuplés ! Ou ces petites câpres au sel, que je ne connaissais absolument pas, habituée aux câpres à l'huile un peu fades.

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Celles-ci sont cueillies à la main et conservées dans du sel. Incroyablement aromatiques, je ne m'attendais pas à ça en goûtant des câpres !

Comme toute entreprise artisanale, la production varie d'une année à l'autre. Les goûts ne sont pas uniformes mais légèrement différents selon les récoltes ou le jour de fabrication. Ainsi l'huile d'olives au citron est un peu plus amère cette année, et toute une récolte de tomates cerises séchées au soleil a du être jetée, car la pluie s'est invitée au mauvais moment...

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Les tomates séchées sont les meilleures que j'ai goûtées à ce jour. Toutes simples, avec le vrai goût de la tomate séchée au soleil et non déshydratée au four, je dois me retenir de ne pas en mettre partout ! Sur du poisson, dans les salades, les pâtes, le riz, les sandwichs... Et le pire ? Grignotées sans rien d'autre, c'est terriblement addictif et plein d'anti-oxydants en plus il paraît !

Pauline en avait fait de jolis et délicieux petits rouleaux d'apéro, avec de la mozarella ou un peu de thon.

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Et toujours pour les apéros, impossible de ne pas parler des crèmes : tomates séchées, olives, artichauts, aubergines ou ma préférée, tomates séchées et piment, alla diavola !

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Mais il y a aussi des conserves à l'huile d'olive extra-vierge : aubergines, coeurs d'artichauts, piments farcis. Des confitures de figues et bien sûr, de la sauce tomate ou des sugi tout prêts, au basilic ou au piment, et les pâtes qui vont avec !

Bref, plein de produits artisanaux et traditionnels, sans arômes ni conservateurs, faits à l'ancienne par une vraie mamma italienne. Un petit peu d'Italie à notre portée, pour mettre du soleil dans notre cuisine quotidienne !


Pauline et André n'ont pas de commerce, ils ne veulent pas se lancer dans la vente en masse. Ils vendent par bouche à oreille, à des amis d'amis, à quelques restaurateurs et magasins biologiques. Si vous êtes intéressés par leurs produits, il faudra vous rendre chez eux, dans une jolie ferme au-dessus de Lausanne, ou les contacter directement par e-mail.

Voici leurs coordonnées :

Pauline & André Jeanmonod
En Riau-Graubon
1082 Corcelles-le-Jorat


E-mail : pajeanmonod[at]bluewin[point]ch
Téléphone :
079 515 15 61



Si vous êtes sur Genève, je vais repasser une petite commande très prochainement, alors n'hésitez pas à me contacter si vous êtes intéressés !



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Rédigé par San des frangines

Publié dans #Lieux de perdition

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