Mardi 18 mars
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Suite à mon ras le blog "Des fraises en février ???", mon agacement n'a fait qu'empirer.
Chaque jour au supermarché, des fruits et légumes toujours plus à contre saison, et venant d'aussi loin que l'Afrique du Sud pour les raisins et les prunes, le Mexique et le Pérou pour les
asperges, le Honduras pour les melons, le Kenya pour les haricots, pour ne citer que quelques exemples. Et tout cela en février !!!
Décidément, il devient vraiment difficile de consommer de saison et local...
Pour réagir concrètement, je suis heureuse de pouvoir enfin vous présenter aujourd'hui la campagne "Ras la fraise
!".
Un énorme merci à Vincent qui a réalisé le site, et à Krum qui a dessiné la fraise.
Après plusieurs semaines d'hésitations, de réflexions et de recherches, j'ai essayé de faire une synthèse de ce qu'implique ce mode de consommation à contre saison au niveau éthique, écologique, du goût et de la santé. Mais également de soulever les
contradictions des grands distributeurs, en comparant leurs engagements et leurs actes.
* * * * *
Parce que les fruits et légumes hors saison ne sont pas bons
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cultivés sous serre et hors sol, ils ne mûrissent pas au soleil, sont récoltés avant leur pleine maturité et ont peu de saveur.
-
leur mode de culture et les longs transports réduisent considérablement leurs bienfaits pour la santé en diminuant leur teneur en nutriments, vitamines et minéraux.
Parce que les fruits et légumes hors saison sont polluants
-
leur mode de culture est gourmand en énergie. Les cultures sous serres, souvent chauffées, consomment des énergies fossiles et sont à l’origine d’émissions de CO2.
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ils nécessitent l’utilisation de nombreux pesticides et fongicides, responsables de pollutions de l'air, des sols et des eaux, nuisibles pour la santé des agriculteurs et des
consommateurs ainsi que pour la faune et la flore.
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ils viennent de loin et leur transport consomme pétrole et kérosène, dégageant de grandes quantités de CO2.
Parce que les fruits et légumes hors saison ne sont souvent pas éthiques
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une grande partie d’entre eux vient d’exploitations agricoles où les conditions sociales et de travail des ouvriers sont catastrophiques.
Parce que les fruits et légumes hors saison nous coupent du rythme de la nature
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ils nous font perdre le contact avec la nature et avec le rythme des saisons.
-
ils uniformisent nos assiettes tout au long de l’année, nous privant de la joie de retrouver la saison des fraises ou celle des tomates.
Pour toutes ces raisons, nous ne voulons pas de fruits et légumes à contre saison et demandons aux plus gros distributeurs du pays de montrer l’exemple.
Nous leur demandons de tenir leurs engagements écologiques et éthiques, et de mettre concrètement en pratique ce qu’ils prônent en réduisant l’importation de fruits et légumes hors
saison.
Pour soutenir la campagne, vous pouvez signer le manifeste ici.
(Il est nécessaire d'indiquer une adresse e-mail valable car vous recevrez un message qui vous permettra de valider votre signature. Votre adresse restera entièrement
confidentielle et ne sera ni publiée ni utilisée.)
* * * * *
Le but est avant tout de faire circuler ces informations pour sensibiliser un maximum de consommateurs. Il s'agira par la suite de transmettre les signatures aux plus
gros distributeurs (comme j'habite en Suisse, ce sera la Coop et la Migros). Si vous n'habitez pas en Suisse, vous pouvez également signer et transmettre l'information pour soutenir le
mouvement, qui j'espère s'étendra bien au-delà des frontières helvétiques !
Il ne s'agit bien évidemment pas de refuser toutes les importations de fruits et de légumes, ce serait utopique et ridicule. Il est simplement question de retrouver un
peu plus de modération et de bon sens dans nos habitudes de consommation, de demander aux grands distributeurs de mieux respecter les saisons et de ne pas importer de l'autre bout du
monde des fruits et légumes qui poussent près de chez nous.
Pour ceux qui aimeraient en savoir plus, il y a quelques liens intéressants dans la rubrique "Plus
d'infos".
En tant que bloggeurs culinaires, nous pouvons avoir une influence directe sur ce que nos lecteurs vont acheter et mettre dans leurs casseroles, cela devrait
particulièrement nous sensibiliser. Attendons donc la vraie saison des asperges et des fraises avant d'en mettre des recettes en ligne, car c'est avec
des petits gestes quotidiens que nous pouvons changer les choses !
La campagne est lancée, le débat est ouvert.
A vos blogs, à vos claviers, à vos plumes. Faites circuler l'information et réagissez !
D'ici quelques jours, un flyer et une bannière seront à votre disposition dans la rubrique "Diffuser".
La version allemande du site sera en ligne
dans une petite semaine.
Par San des frangines
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Publié dans : Ras l'blog !
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Merci à toutes et à tous pour votre soutien !
Plus de 300 signatures en 3 jours, c'est encourageant. Chaque nouvelle signature, chaque nouveau message me rassure et confirme que cette campagne a bien lieu d'être.
Ne baissons pas la voix ^____^
Absolument ! C'est pour ça que le manifeste "Ras la fraise" est ouvert à tous, pas uniquement aux résidants suisses. La première étape sera de transmettre les signatures aux distributeurs helvétiques, mais si nous avons suffisamment de signatures, il est évident que nous irons plus loin ; )
Merci beaucoup ;)
Merci pour ton mot.
Mais pourtant, sur ton blog, déjà des fraises et des asperges... C'est justement ce contre quoi l'initiative a été faite !!!
Si tous les bloggeurs culinaires faisaient attention, je suis sûre que ça aurait déjà un petit impact ;)
Je vous rassure : c'est bien une impression !
La campagne ne mélange pas tout, elle essaie de résumer les différentes implications des importations "inutiles" de fruits et légumes qui n'ont pas besoin de venir de l'autre bout du monde puisqu'ils poussent également à proche de chez nous.
Votre message par contre tend à tout mélanger...
Je n'ai ni la vocation ni la prétention de changer le monde. J'ai simplement voulu lancer un gros "ras la fraise", d'une consommatrice à d'autres consommateurs. C'est déjà un petit début. Je vous laisse volontiers le plaisir de lancer d'autres mouvements dénonçant ce que vous dénoncez si bien dans votre commentaire ;)
Dommage que vous n'ayez pas laissé votre adresse e-mail, quel courage ;)
Pour répondre à vos questions :
* les cacaoiers ne poussent pas sous nos latitudes. Du moins, pas pour l'instant ! Le but de "Ras la fraise" n'est pas d'interdire les importations, mais de modérer les importations "inutiles" de produits que nous pouvons consommer de manière locale. Vous l'auriez certainement compris en lisant les informations sur le site.
*Quant au thon, je n'en consomme que très peu souvent, voire plus du tout, malgré mon amour des sushis. J'espère que cette espèce pourra être sauvegardée et la pêche industrielle modérée.
Des remarques plus constructives ?
Essayer d'informer les gens et de leur faire prendre conscience de certains dysfonctionnements, est-ce "cracher dans la soupe" ?
Je voulais juste préciser une chose : l'agriculture industrielle de masse d'où provient la majorité de ces produits n'aide en aucun cas les petits agriculteurs locaux, bien au contraire. En détruisant la biodiversité et les cultures vivrières, elle les appauvrit encore plus, les privant de leur autonomie alimentaire.
Et je vous rassure, je ne suis de loin pas une philosophe. Cuisiner et jardiner, c'est aussi être proche de la nature et travailller avec ses mains.
Je pense que vous avez mal compris la démarche de "Ras la fraise".
1) Le but principal est d'informer les consommateurs, afin de développer une consommation plus responsable et citoyenne, en toute connaissance de cause. Vous l'auriez sans doute compris si vous aviez lu le site ("Que faire", rubrique "Présentation" par exemple). L'idée est justement de faire prendre conscience aux consommateurs qu'ils ont du poids et des responsabilités !
2) Et dans un deuxième temps, mettre les distributeurs face à l'incohérence de leurs actes vis à vis des engagements qu'ils disent avoir.
Je pense que les responsabilités à ce sujet sont partagées :
- le client, qui une fois informé, décide d'acheter ou non
- les distributeurs, qui ont leur part de responsabilité par la mise en valeur de ces produits à grand renfort de publicité, sur-représentation et promotions. Le but du marketing n'est-il pas de créer la demande ?
Quant à votre ménagère, en lui expliquant pourquoi vous ne vendez pas de clémentines en juilllet, peut-être qu'elle comprendrait ?
Sinon, je vous rassure : je n'achète pas ces produits. Je ne présente que des recettes de saison et ai même essayé (sur cet article que vous commentez) de sensibiliser les bloggeurs culinaires à l'influence qu'ils pouvaient avoir.
Bien à vous
Merci beaucoup pour l'info VérO ^___^
"Ras la fraise" parle bien uniquement des produits qui poussent de manière locale/régionale sous nos latitudes, dans les pays limitrophes. Le but n'est pas d'interdire toute exportation, ce serait ridicule et utopique, mais de modérer les importations inutiles et très lointaines (asperges du Mexique, pommes de Nouvelle Zélande, raisin d'Afrique du Sud, pommes de terre d'Israël, ail de Chine,...).
Il n'est pas question ici des produits "exotiques", surtout lorsqu'ils proviennent du commerce équitable et encouragent le développement durable ! Ce qui est malheureusement pour l'instant, très minoritaire...
Merci beaucoup pour votre message et pour le relais de l'information. Je suis très impressionnée ^___^
Bonjour "Anonyme".
Si vous lisez bien le site "Ras la fraise", vous comprendrez qu'il n'est absolument pas question de ne consommer que des produits "du pays", mais de favoriser les produits locaux/régionaux/des pays proches, lorsqu'ils y sont cultivés.
Vous parlez des asperges : n'y en a-t-il pas suffisamment en Suisse-France-Italie, par exemple, pour devoir les faire venir de 10'000 voire 12'000 km dès février déjà ?
Les fraises et les asperges, toujours pour ne prendre que ces exemples, sont des denrées saisonnières, que l'on ne consomme pas toute l'année. Pourquoi en importer d'aussi loin et dans de telles quantités de 3 à 6 mois avant la saison locale ? Ce ne sont pas des aliments vitaux, mais plutôt des aliments plaisir.
Cette politique de mise à disposition toujours plus tôt, de toujours plus loin fausse notre rythme d'alimentation, péjore la saveur des aliments et leurs valeurs nutritionnelles, et a un poids non négligeable sur l'environnement. Je trouve que c'est cher payé pour manger des asperges et des fraises (fades) en février...
C'est bien suite à ce constat que j'ai voulu lancer "Ras la fraise", dont le but principal est l'information et la sensibilisation des consommateurs ;)
Concernant la demande, je pense que très clairement, ce sont les distributeurs qui la créent, par la sur-représentation de ces produits, la publicité et les promotions. Le but du marketing est de créer la demande, et ça fonctionne très bien !